La Conférence de 2005 (1-3 mai) organisée à Dakar (Sénégal) par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), sur le thème "les médias et la bonne gouvernance" avait mis l’accent sur l’importance du rôle des médias dans la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance. Les médias avaient explicitement été reconnus comme « indispensables pour garantir la transparence, la responsabilité et la participation, qui sont des aspects fondamentaux de la bonne gouvernance et du développement fondé sur les droits de l’homme »
La liberté d’expression, dont la promotion fait partie des priorités de l’UNESCO, constitue une composante essentielle à la construction de la paix et à la démocratisation des nations. Les Médias ont pour vocation d’être l’un des supports par lequel se matérialise la libre expression en ce sens que non seulement ils offrent l’espace public par excellence à l’exercice de cette libre expression, mais aussi ils contribuent à la formation de l’opinion publique par la prise de conscience collective des enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels qui se posent à tous les niveaux de la société.
A travers ses programmes Communication et Information et Priorité Afrique, l’UNESCO a toujours pris une part très active à la promotion de la liberté d’expression, le pluralisme des médias, le droit à l’information du public, etc. sur le continent Africain. Ce faisant, elle a constamment su identifier et mettre en évidence le rôle que peuvent jouer les médias par rapport aux grands enjeux et défis de notre monde parmi lesquels : la démocratie et la bonne gouvernance, l’éducation, la promotion des droits de l’Homme, le changement climatique et le développement durable. C’est dans cette perspective que s’inscrit le présent ouvrage sur les médias et la bonne gouvernance en Afrique.
La gouvernance signifiait déjà au 13ème siècle "l’art et la manière de gérer". Ce concept a récemment été revisité par le Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et le Programme des Nations Unies pour le Développement, lesquels tout en y associant le terme "bonne" lui ont donné un contenu plus étendu qui intègre, entre autres, la transparence, l’obligation de reddition, la responsabilité, la primauté du droit et la liberté d’expression.
Depuis, pour des raisons diverses, la bonne gouvernance, perçue comme une des conditionnalités pour réaliser le développement durable, occupe une place prépondérante dans la politique des pays africains et des autres pays en voie de développement.